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Une île qui n’a pas fini de faire couler de l’encre

par Pierre Vigneault

14 janvier 2010

L’un des faits les plus marquants de l’histoire de l’île est sans contredit la cession de ce territoire à une société privée. Ce n’est sûrement pas de gaité de coeur que les religieuses ont pris cette décision. Elles avaient éprouvé de multiples difficultés, depuis le début du siècle et celles-ci n’ont fait que s’aggraver à l’approche des années 50.

Parmi les problèmes qu’elles ont vécus, on peut citer d’importantes inondations, le vandalisme, le vol et même les conflits de travail avec les employés. Il ne faut pas oublier que si l’île pouvait avoir une grande valeur pour un investisseur immobilier, elle était peu rentable pour quiconque l’exploitait à des fins éducatives et agricoles.

Divers projets gouvernementaux avaient été envisagés pour l’île, mais ils ne se sont pas matérialisés. C’est afin d’y réaliser un important projet résidentiel que l’île a été acquise par la société «Quebec Home and Mortgage». Le contrat de vente, signé en janvier 1956, fait état d’un prix de 1 300 000$ et diverses conditions y étaient rattachées. Sans en préciser tous les éléments, on peut retenir que les sœurs tenaient à ce que l’île ne soit pas transformée en «parcs d’amusement»; son développement devait se faire à des fins résidentielles, commerciales et industrielles.

Pour que les plans des investisseurs puissent se concrétiser, il était indispensable que l’île soit reliée à la terre ferme et qu’elle soit intégrée à une entité municipale. Séparée de Verdun par un bras d’eau d’à peine quelques centaines de mètres, c’est donc avec cette ville que des démarches pour l’annexion ont été entreprises, avant même l’acquisition de l’île. La ville de Montréal se montrait, elle aussi, intéressée, mais c’est finalement Verdun qui a annexé le territoire de l’île. Les diverses péripéties qui ont marqué ces discussions et négociations sont décrites avec beaucoup de détails dans le livre de Jacques Lacoursière (L’île-des-Soeurs – D’hier à aujourd’hui). Dans les archives des journaux du Groupe Transcontinental, (dont fait partie Le Magazine) on trouve également de nombreuses informations sur la petite histoire de l’île, au cours de cette période, et pendant tout le siècle dernier.

Pour compléter cette tranche de ses dossiers, l’auteur de ces lignes a obtenu la collaboration de Samuel Gewurz, le président de la corporation Proment qui, comme on le sait, participe très activement au développement du quartier de L’Île-des-Soeurs.

Samuel Gewurz n’avait que 15 ans, lorsque son père a signé, avec les autres représentants de Quebec Home and Mortgage, le contrat d’achat de l’île Saint-Paul. L’avenir lui réservait un rôle de premier plan dans l’évolution de l’île, mais avant qu’il commence à l’exercer, les projets initiaux avaient maintes fois été modifiés.

Les Structures Métropolitaines

Quand, en 1967, on procèda à la première pelletée de terre sur la «Cité de rêve», c’est une compagnie dont le siège social est à Chicago, Structures Métropolitaines Incorporée (SMI) qui était «locataire» de l’île en entier. Elle avait obtenu un bail emphytéotique d’une durée de 99 ans, qui constituait, selon Samuel Gewurz, un véritable «developer’s deal». SMI obtenait le privilège de ne pas payer un sou de loyer pendant les dix premières années de l’entente et elle jouissait d’une protection contre l’inflation pour une période de 45 ans. La compagnie devait cependant acquitter la totalité des impôts fonciers sur la propriété (l’île entière) et, à partir de la onzième année du bail, acquitter un loyer annuel de 7,18 ¢ le pied carré net pour la partie aménagée de l’île.

Dans les années précédant la construction du premier édifice, les derniers obstacles au développement de l’île avaient été levés. Le pont Champlain avait été complété, en 1962 et des mesures avaient été prises pour assurer l’extension des services publics aux futurs résidants.



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